Hier soir

Un homme est descendu hier soir dans la petite cour grise désertée.
Armé d’une petite pioche, il a creusé un trou contre le mur de la maison.
C’était difficile, il y avait des pierres sous la  terre battue et des couches de plâtres successives.
Mais il est arrivé tout de même à faire un trou d’une profondeur qu’il a jugée suffisante.
Il a ramassé une vieille branche qui traîne  dans la poussière depuis des mois et il l’a plantée.
Là. Contre le mur.
Puis il a sorti une petite bouteille d’eau de la poche de son blouson et il a arrosé la branche morte.
Quand il a eu fini, il a contemplé son travail, a aplani la terre du bout du pied,
puis il est parti en se retournant plusieurs fois, comme à regret,
comme s’il avait pu, peut-être, faire mieux.

19 réflexions au sujet de « Hier soir »

  1. Marlabis

    Tu nous écris un texte mélancolique par jour ? Celui d’hier, j’ai pas su quoi en dire ce matin… Faut dire que je l’ai lu tôt avant de partir travailler. Celui là est mimi, mais aussi de saison… Piouuuu, je suis pas dans de bonnes dispositions pour être la lectrice idéale je crois. Ça me passera ! 😉😘😷

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  2. almanito Auteur de l’article

    Je suis désolée, tu as raison il faut que je trouve quelque chose de souriant pour la prochaine fois. Pas de lecteur trice idéal, chacun lit et interprète comme il le sent, voilà 🙂
    Repose-toi bien Marla

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  3. Gabrielle Segal

    Cette branche-là est de celles qui poussent les murs. Ou bien cet homme a enterré dignement cette branche morte laissée à l’abandon… J’aime vos textes qui disent le « dur » tout en douceur et votre sens du détail et de l’observation que vous rendez si justement par l’écriture.

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  4. brindille33

    Bonjour,
    Ce petit texte me fait penser à Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres » un écrit fétiche pour moi. Merci pour ce conte ou réalité, qu’importe, il fait du bien. 😊
    Merci pour l’éclat de rire que j’ai eu à la réponse humour noir que tu as faites dans les commentaires. Trop drôle, j’adore.

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  5. almanito Auteur de l’article

    Merci Brindille. Ce n’est pas un conte, j’ai observé cet homme un soir depuis ma fenêtre, cette crise terrible révèle parfois des comportements bizarres ou la poésie n’est pas absente.

    Répondre

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