A la rue

Je suis le revers maudit de la médaille,
Le reproche silencieux de vos miroirs,
Le négatif des clichés ratés,
L’ambassadeur des bas-fonds,
L’obscure culpabilité qui ronge le bitume
Je suis votre ombre dans les vitrines de lumière.

Ni poète ni philosophe, ne croyez pas,
Je suis la racine de vos pas et de vos peurs
De vos chutes et de vos questions informulées
Dans les prismes de mon litron,
Vos silhouettes déformées
Eclatent en divagant sur l’asphalte.

On se ressemble, vous et moi,
Châteaux de cartes improbables
Dont les pans s’écroulent et s’enlisent dans les sables mouvants,
Mêlant fragrances de luxe et remugles de vinasse.
Tous tristes clowns, tous Charlot, et pourtant,
Je suis……. oublié.

15 réflexions au sujet de « A la rue »

    1. almanito Auteur de l’article

      Merci Laurence, oui on ne sait pas trop ce qu’ils vont devenir, les municipalités font des efforts mais malgré tout leur survie tient à la solidarité des passants sans oublier que beaucoup d’entre eux sont malades.

      Répondre
  1. karouge

    Dans les medias on ne cesse de parler des « invisibles héros de la Nation » (les caissières, les éboueurs, les femmes de ménage, les assistantes maternelles etc) qui apparaissent au grand jour, ces petites mains qui permettent à tout le monde de vivre ces temps difficiles. Mais les vagabonds, les SDF, les prisonniers, toute cette population des oubliés, comme toujours, reste confinée entre abandon et matelas de mépris. La misère ne se guérirait donc pas, ne se soignerait donc pas, juste creuser des trous pour y plonger l’absence, et oublier, comme toujours, comme tout le temps…que nous vivons ensemble.

    Ton texte est très beau. Il traverse le miroir de la noire réalité; ne nous (les) oublions pas.

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    1. almanito Auteur de l’article

      C’est une bonne chose qu’on se rende enfin compte de l’utilité vitale de ces petites gens qu’on méprise souvent. Pour la misère ce n’est même pas une question de moyens, juste une question de volonté.
      Merci Karouge

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  2. Dominique

    Souvent j’imagine que tous ces vies que nous croisons le long de la notre, sont les visions de ce qui aurait pu nous arriver selon les bons ou mauvais choix lors de notre parcours, de coïncidences, de chance ou de malheur…

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    1. almanito Auteur de l’article

      Tu finis toujours par sympathiser avec quelques uns et au fil du temps tu sauras quoi faire, mais déjà si on discute un peu avec eux c’est énorme.
      Je crois qu’il faut écrire sur eux pour conjurer la peur qu’ils inspirent sans raison

      Répondre

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